
Les anarchistes russes et les soviets
Les anarchistes russes et les soviets

Les anarchistes russes et les soviets
Les anarchistes russes et les soviets

Les soviets trahis par les bolcheviks
Rudolf Rocker : Les soviets trahis par les bolcheviks

Répression de l'anarchisme en Russie soviétique
Groupe des anarchistes russes exiles en Allemagne : Répression de l’anarchisme en Russie soviétique
Ce livre, écrit en 1922, est un appel au secours : le groupe des anarchistes russes exilés en Allemagne, dont fait partie Voline, est constitué de rescapés du système policier soviétique. C’est un appel au secours pour tenter de mettre un terme à la répression féroce dont sont victimes les anarchistes russes ainsi que les militants étrangers en visite ou en exil en Russie. Il s’agit également d’alerter le prolétariat international sur la tournure contre-révolutionnaire que prennent les événements à cause des agissements des bolchéviques.
L’ouvrage est composé de deux parties. La première relate la répression farouche dont fut victime les militants anarchistes russes dès les premiers mois suivant octobre 1917. Le coup d’envoi de cette répression fut donné en avril 1918 par une vague d’arrestations de militants anarchistes et la mise à sac des locaux des principales organisations de Moscou. Dès lors la répression ne s’arrêtera plus.
La deuxième partie est constituée de la liste liste de 178 noms de militants anarchistes tués, emprisonnés ou expulsés par le régime bolchévique. La version française contient en plus les noms de trois militants anarchistes français, également victimes de cette répression pour n’avoir pas relayé le discours officiel des autorités et dénoncé les attaques contre les anarchistes : Raymond Lefèvre, Vergeat, Lepetit.
Il existe une réédition de ce livre, par le groupe Germinal de la Fédération anarchiste, datant de 1977.
Groupe des anarchistes russes exilés en Allemagne, Répression de l’anarchisme en Russie soviétique, traduction de Voline, préface de André Colomer, Paris, éd. de la Librairie sociale internationale, 1923, 128 p.

Le syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis
Larry Portis : Le syndicalisme révolutionnaire aux Etats-Unis

La république des conseils de bavière
Erich MÜHSAM : La République des conseils de Bavière
Suite à la lecture de « La Commune Hongroise et les anarchistes », j’ai eu envie de lire ce livre que j’ai acquis il y a plusieurs années, sans avoir jamais pris le temps de l’ouvrir…
L’auteur, militant anarchiste et intellectuel allemand, nous décrit les événements qui menèrent à partir de novembre 1918 à la création de l’éphémère République des Conseils de Bavière (6 avril-1 mai 1919). En effet depuis novembre 1918 l’Allemagne, et dans le cas qui nous intéresse la Bavière, se couvre de conseils ouvriers et de conseils de soldats. Dès la proclamation de la république de Bavière le 7 novembre, un Conseil provisoire des ouvriers, des soldats et des paysans est constitué. Nous sommes donc en présence d’un double pouvoir, qui perdurera jusqu’à la proclamation de la république des conseils dans la nuit du 6 au 7 avril 1919. Erich Müsham relate dans le détail la lutte entre ces deux pouvoirs et son combat au sein du conseil ouvrier révolutionnaire pour arriver à la proclamation de la République des Conseils. Il est question également de la lutte entre les différents courants politiques au sein du Conseil provisoire. Et ce jusqu’au 13 avril, date à laquelle il sera arrêté par les troupes gouvernementales lors d’une tentative de putsch des sociaux-démocrates. Il ne connaîtra pas la fin de l’expérience révolutionnaire, ce qui lui sauvera sans doute la vie…
Cet ouvrage a été écrit en 1920 dans la prison où Mühsam purgeait une peine de 15 ans suite à la répression sanglante du mouvement conseilliste par les sociaux-démocrates allemand. Il a été rédigé d’après les seuls souvenirs de l’auteur, c’est pourquoi il se contente de relater que ce qu’il a lui-même vécu. Anecdote amusante, le livre est adressé au camarade Lénine qui représentait à l’époque le seul espoir de révolution prolétarienne aux yeux de l’auteur. L’écrasement de Kronstadt et de la Makhnovtchina saperont ses espoirs. Müsham à pourtant toute sa vie tenté d’unifier les courants anarchistes et marxistes en vue de réaliser la révolution et de lutter contre la bourgeoisie et les nazis.
Il sera arrêté par les nazis en 1933 et trouvera la mort dans un camp de concentration. Sa femme, réfugiée en Tchécoslovaquie puis invitée URSS sera condamnée par le régime stalinien à huit ans de goulag, en fera 15, sera libérée malade et finira sa vie à Berlin-Est en 1962.
Ce livre est avant tout un important témoignage sur cette période pleine d’espoir pour le prolétariat révolutionnaire. Par les critiques formulées, y compris sur son rôle pendant cette période, Erich Müsham donne des pistes pour comprendre ce qui se passe pendant ces périodes de double pouvoir qui précédent les révolutions. Sa théorie et son action pour l’unification du prolétariat révolutionnaire sont sans doute aussi à retenir.
MÜHSAM, Erich. La République des conseils de Bavière : Munich du 7 novembre 1918 au 13 avril 1919 ; suivi de La société libérée de l’Etat : qu’est-ce que l’anarchisme communisme, Amis de Spartacus ; Ed. de la Digitale, 1999.

La Commune hongroise
Achille Dauphin-Meunier : La Commune Hongroise et les anarchistes
Ce petit livre de 87 pages relate l’histoire méconnue de la république des conseils hongroise (21 mars 1919-7 août 1919) sous l’angle du rôle que les anarchistes y jouèrent.
La fin de la première guerre mondiale entraîne la décomposition de l’empire austro-hongrois et la ruine de la Hongrie, accentuée par le blocus des forces de l’Entente. Karolyi et son gouvernement nationaliste et démocrate tentent de liquider le féodalisme, d’instaurer un régime démocratique bourgeois, de mener une réforme agraire et de s’attirer la sympathie des puissances occidentales. Il échouera sur tous les tableaux.
Dès janvier 1919 les ouvriers commencent à instaurer des conseils d’usines et chassent les patrons. Les paysans font de même dans les campagnes avec les propriétaires terriens. Les anarchistes avaient tous adhéré au parti communiste hongrois en décembre 1918. Celui-ci se démarqua de Lénine, peut-être à cause de l’influence libertaire, notamment sur la question agraire. Lénine réclamait en effet l’instauration d’une petite propriété paysanne, préconisait le capitalisme d’état, la suprématie de la politique sur l’économique. Les communistes magyars exigeaient la communalisation des biens de consommation et de production, la suppression des rouages politiques et la formation de conseils ouvriers et paysans.
Le 21 mars, l’assemblée nationale républicaine tint sa dernière séance : le président Hock, prononça l’oraison funèbre du régime : « Un nouveau système social étant introduit en Hongrie, dit-il, l’assemblée n’a plus aucune raison de poursuivre ses travaux. Sa continuation ne répond plus aux exigences du régime actuel. Notre organisation politique a complètement fait faillite. Laissons le champ libre à l’activité du prolétariat. » Rare exemple de lucidité politique !
Cette brochure évoque clairement les problèmes concrets, urgents et parfois dramatiques, auxquels tout mouvement révolutionnaire se trouve confronté une fois le pouvoir capitaliste et étatique mis à bas : assurer la satisfaction des besoins basiques de la population, réorganiser l’économie sur des bases socialistes, inventer et construire un pouvoir populaire et démocratique, transformer les rapports sociaux et les mentalités, défendre la révolution par les armes…L’auteur, un économiste sans doute proche des anarchistes, décrit l’organisation nouvelle dans les grands secteurs de l’économie.
La république des conseils sera renversée le 6 août par une coalition militaire franco-roumaine qui laissera la place à une répression féroce et permettra l’installation du régime fasciste de Horty.
Achille Dauphin-Meunier, La Commune Hongroise et les anarchistes, Librairie Internationale, 1926.

Espions de la république
Ramon Rufat : Espions de la république
Ramon Rufat débuta sa carrière d’espion au commencement de la guerre civile. Il est recruté par un groupe d’internationaux de la colonne Durruti à qui l’on a confié la mission d’organiser un service de renseignement et de guerilla sur le front d’Aragon.
On retrouve donc le même contexte que dans “Les fils de la nuit” d’Antoine Gimenez. D’ailleurs ce titre a été inspiré par le titre original d’”Espions de la République” : “Entre los Hijos de la Noche”. De même on reconnaitra également quelques événements commun aux deux livres.
La similitude s’arrete ici, Ramon Rufat (nom de code R2) n’était pas un guerilleros mais un agent de profondeur. Il partait en mission seul pendant plusieurs jours, loin derrière les lignes fascistes pour ramener des informations utiles au camp républicain. Certaines de ses missions servaient néanmoins de repérages pour des actions de guerilla. L’histoire ne dit pas si Antoine Gimenez et Ramon Rufat se sont rencontré pendant cette période.
En toile de fond de son récit apparaissent les conflits politiques entre les forces révolutionnaires et contre-révolutionnaires dans les rangs républicains. Notamment la militarisation qui touchera le service de renseignement (S.I.EP.), mais aussi les événements de mai 37 à Barcelone et les agissement du SIM. Ces conflits auront souvent de graves conséquences sur le cours de la guerre.
Ramon Rufat soulève dans ce livre une théorie intéressante, qu’on retrouve aussi dans “Spanish Cockpit” de Franz Borkenau. Selon lui, la guerilla aurait due être plus utilisée dans la lutte contre le fascisme, plutôt que de combattre frontalement une armée supérieurement équipé et aidé par des puissances étrangères. Pour gagner la guerre civile il aurait fallu mener la guerilla et la guerre traditionnelle en parallèle, notamment en effectuant des actions de guerilla en profondeur.
Or c’est ce choix de former une armée régulière en écartant la stratégie de guerre populaire qui a entrainé la fin de l’expérince révolutionaire espagnole en exigeant la victoire avant la révolution. Mais les tenants de la militarisation voulaient-ils réellement gagner cette guerre ?
Ramon Rufat : Espions de la république, mémoires d’un agent secret pendant la guerre d’Espagne, Allia, 1990

De brigades en brigades
Michel Léger : De brigades en brigades
Michel Léger nous raconte le passé militant de son père Robert Léger, cuisinier et militant anarcho-syndicaliste.
Militant anarchiste, il a fait partie, dans les années trente, du groupe les Moules-à-gaufes avec Charles Ridel, qui sera connu plus tard sous le nom de Louis Mercier-Vega.
Syndicaliste, il défendra ses collègues cuisiniers et écrira de nombreux articles dans “le réveil des cuisiniers” et dans le “libertaire syndicaliste”. Ces articles sont reproduits dans ce livre.
La partie la plus interessante du livre est celle consacrée à son passage au sein des Brigades Internationales. Il officiera quelques mois comme cuisinier au quartier général des B.I. d’Albacete. En tant qu’anarchiste, il décrit la main mise des communistes sur les B.I. : l’élimination des opposants, la militarisation… Il enverra un rapport sur la situation politique au sein des B.I à l’Union Anarchiste. Il sera ensuite démasqué comme libertaire et, poursuivi par le S.I.M. (service secret républicain aux mains des communistes) il devra rejoindre une centurie anarchiste pour êter en sureté. Il connaitra là son baptême du feu.
Michel Léger, De brigades en brigades, éd. de l’auteur, 225 p., 18 euros (port compris). Adresse : Michel Léger, 11, hameau de la Goélette, Port Sud, 91650 Breuillet.

Les fils de la nuit
Antoine Gimenez : Les fils de la nuit, souvenirs de la guerre d’Espagne
Antoine Gimenez nous raconte dans ce livre, écrit en 1974, ses souvenirs de la révolution espagnole de 1936. Anarchiste, il rejoindra dés le début des combats le groupe international de la Colonne Durruti. Au fil des chapitres il nous décrit les coups de mains que le groupe méne derrière les lignes ennemies, mais aussi la vie quotidienne à l’arrière.
Son témoignage fait ressortir de manière remarquable les sentiments, parfois contradictoires, qui le traversaient : des plaisirs de l’amitié et de l’amour à la colère contre les trahisons du camp républicains envers les anarchistes, de l’exaltation du combat au desespoir de voir ses amis tomber les uns aprés les autres, tués par les fascistes ou disparus dans les prisons secrètes du Parti Communiste espagnol
Ce livre permet de donner une incarnation à tout ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant sur la révolution espagnole : les relations qu’Antoine noue avec les hommes et les femmes qu’il rencontre pendant cette période nous donne une idée du niveau de transformation sociale réalisé pendant ce bref été de l’anarchie. Antoine est en même temps trés lucide sur la mauvaise tournure que prennent les événements : il se rend compte rapidement que la CNT, par ses manoeuvres, est en train de mettre un terme à la révolution sociale en cours et laisse le champ libre au Parti Communiste espagnol et Staline qui parviendront à supprimer les militants révolutionnaires conscients.
Le témoignage d’Antoine est accompagné d’un appareil de notes très complet permettant de contextualiser de manière précise le récit. Toutefois, vu le nombre de notes et leur taille et pour ne pas perdre le fil du texte, je conseilerai de lire un chapitre entier puis les notes s’y référant. Une bibliographie trés fournie et une riche iconographie sont également présent dans ce gros livre.
Les fils de la nuit, souvenirs de la guerre d’Espagne, d’Antoine Gimenez, co-édité par L’Insomniaque et les Giménologues.